Ce soir là, nous avions prévu d'aller à une grande parade Dia de los muertos !
Evidement, nous avions prévu de nous parer de nos plus belles couronnes pour l'occasion.
J'aurais adoooré prévoir une tenue en bonne et due forme, et porter ma magnifique couronne géante (je ne l'ai jamais postée ici, mais ça va venir !!) pour cet évènement, mais j'avais déjà une très grosse valise pour ces 3 semaines de voyage. Ma tenue aurait fait la moitié de ma valise, et la couronne aurait vraiment morflé du voyage je pense T_T
Donc ça ne valait pas le coup. Dommage, une prochaine fois peut être?
Du coup j'ai fait avec les moyens du bord ! J'avais acheté cette jolie couronne de poupée mexicaine le premier jour. J'en suis folle ! Je l'aime trop, c'est tellement typique !
Ensuite j'avais ma "robe" rouge. Je dis robe entre guillemets car en réalité, il s'agissait plus d'un body rouge, avec un voilage long derrière... autant dire que c'était quand même un peu osé. Heureusement que j'avais un sac à dos qui me cachait un peu les fesses mdr.
Et pour les chaussures, j'espérais trouver ici quelque chose qui matcherait, mais je n'en ai pas eu l'occasion vu notre planning chargé, et je n'avais pas d'autre paire qui ne me détruisait pas les pieds. Comme nous savions que nous risquions de marcher/piétiner durant la journée et une bonne partie de la soirée, j'ai préféré opter pour le confort. Par contre, on repassera pour le look T_T
C'est horrible mdr.
Pour le make up, Cécile avait vu qu'il y avait moyen de se faire maquiller sur place.
Mais je n'aurais jamais cru que ça serait si simple et si bon marché ! Dans l'après midi, le long des rues qui allaient accueillir le défilé, on trouvait des stands de make up artists !
Il nous a suffi de regarder les catalogues et travaux de celles que nous croisions, ainsi que comparer leurs prix pour nous diriger toutes les quatre vers la même équipe !
Ce n'est pas facile car il y a des rabatteurs partout, et je ne veux vexer personne, mais j'avais quand même quelques critères de qualité pour la sélection, plus encore que le prix car c'était pour ainsi dire donné.
Je pense avoir donné pour le mien 350 pesos (le prix était de 300 - ça fait un peu moins de 15 euros - mais je pense qu'un pourboire est quand même apprécié) ce qui revient à 17 euros environ.
Elle a été super rapide, et on voit bien sur que ce n'est pas fait dans le détail haha, mais ça fait le taff et j'ai trouvé ça super correct.
Est ce que j'ai coupé mes pieds ici car j'ai honte de mes vieilles tongs ? X,)
Après le repas et nos make ups, on a décidé d'aller se poser proche de la route où passait le défilé, pour avoir une vue optimale. Et puis on a attendu, attendu, et attendu encore.
Heureusement, les marchands nous offraient un spectacle comique et étonnement vraiment très varié haha.
Ils vendaient de tout ! Tout ce qu'on peut trouver sur les foires chez nous par exemple : peluches, serre têtes originaux ou lumineux, pinces à cheveux multicolores, jouets pour enfants etc ! De quoi se costumer : perruques, masques, couronnes de fleurs, maquillage, strass etc
Mais aussi tout ce qu'il faut en terme de nourriture festive : barbe à papa, desserts typiques divers, boissons variées, etc
Mais aussi des trucs totalement improbables comme des gourdains gonflables ou des cigarettes x) Faut pas chercher XD
Pour nous faire patienter, il y avait aussi beaucoup de gens costumés stylés qui passaient. Souvent pour se faire prendre en photo, et espérer parfois un petit pourboire !
Ensuite, le défilé a enfin commencé. Mais les groupes arrivaient au compte goute, et parfois il m'était difficile de voir une quelconque cohérence là dedans haha.
En fait, nous étions proches de la fin du parcours, donc il a fallu attendre plusieurs heures que les participants de la parade parviennent jusqu'à nous. Et je pense que le défilé s'est un peu délité, et les temps de pauses entre les groupe me semblaient de plus en plus longs.
Dans les faits, ils ne l'étaient pas, mais je ne suis pas de nature patiente et je le ressentais particulièrement en ce moment XD
De plus, on commençait toutes à avoir très froid. Je ne sais pas si je l'avais dis, mais les différences de température entre la journée et la soirée (ou même à l'ombre et au soleil) se ressentaient énormément. Impossible de sortir le soir sans une petite laine et ou une verste en plus haha. Alors les jambes nues et en tongs, je n'en menais pas large.
Après un long moment, nous n'en pouvions plus et avions envie de voir le reste de la parade sans attendre. Nous avons donc décidé de remonter la rue pour aller à leur rencontre. Et c'est ce qui s'est passé, mais pas de chance : alors que le reste immense de la parade arrivait à grands pas, nous avions abandonné nos super places tout devant x))))
C'est un peu con, car à 15 minutes près, on aurait pu tout voir d'un endroit parfait T_T
On était donc toutes un peu deg, même si heureuses de pouvoir enfin bouger et se dégourdir les jambes.
Je n'ai malheureusement quasi aucune photos de la parade pour plusieurs raisons. La lumière pas terrible, mon téléphone qui rendait l'âme, et enfin : la rapidité des participants. Nous avons réalisé que la plupart trottinaient ou couraient carrément pour rattraper leur retard, et le début du cortège !
Mais du coup, on pouvait à peine profiter de leur passage et essayer d'en prendre plein les mirettes, qu'ils étaient déjà partis, place aux suivants, et rebelotte ! Toutes mes photos sont floues ^^"
J'aurais du changer de téléphone avant le voyage, mais bon, ça m'apprendra !
Au bout d'un moment, je n'en peux plus, et n'attends qu'une chose : rentrer me coucher. J'ai besoin de chaleur, et de repos ^^
Heureusement, les filles semblaient être sur la même longueur d'onde et on a toutes repris un taxi, direction l'hôtel. Je crois que je suis ressortie ensuite avec l'une d'elles pour aller chercher un truc à grignoter aux alentours de l'hôtel car j'ai pris une photo d'un joli restaurant japonais qui me faisait de l'œil, tout près.
Dernières photos de mon maquillage un peu fatigué (mais pas autant que moi) en fin de soirée !
Ca serait tellement un kiff de refaire des make up différents sur ce thème à chaque fois, et trouver des tenues adaptées.
Durant le défilé, j'ai vu plein de cross over avec le thème Dia de los Muertos. Et l'un d'eux a fait battre mon coeur plus que les autres : le mix Dia de los Muertos et Circus !
Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez déjà que c'est un thème que j'adore particulièrement, et mixer les deux univers : c'est du génie ! Bref, je retiens =D
Le lendemain, nous apprenons que Laura ne nous suivra pas pour l'excursion du jour. Malheureusement, elle a appris une triste nouvelle et avait besoin de temps pour elle, ce qui se comprend à 1000%
Ca ne nous a pas empêché de penser à elle, et de compatir :(
Nous nous rendons au point de rdv avec Cécile pour retrouver Jenny qui nous attend déjà au point de rdv.
Je me suis pris un petit déjeuner au poil ! Un dééééélice !
Nous partons voir le Templo de Santiago.
Construite au XVIᵉ siècle, juste après la conquête espagnole, le Templo de Santiago (c'est une église coloniale ) a été bâti avec les pierres mêmes des temples aztèques détruits autour de lui.
C'est une architecture chrétienne mais des matériaux et fondations indigènes du coup.
Cet édifice est construit sur les vestiges de temples aztèques, notamment le Templo Mayor de Tlatelolco. Dont on peut encore voir quelques bases pyramidales, et quelques restes du centre cérémoniel :
La place est aussi tristement célèbre pour le massacre de Tlatelolco, le 2 octobre 1968.
Attention, le récit est assez dur à lire, protégez vous si vous êtes sensibles ^^"
Ce jour là, la fin d’après-midi tombe doucement sur la Plaza de las Tres Culturas (en photo ci dessous).
Des étudiants sont rassemblés là, comme ils l’ont fait tant de fois ces derniers mois.
Ils parlent de liberté, de justice, de démocratie. Certains écoutent depuis les balcons des immeubles, d’autres sont simplement passés par là. L’atmosphère n’est pas festive, mais elle n’est pas violente non plus. C’est une assemblée, une prise de parole.
Le Mexique est alors à quelques jours de l’ouverture des Jeux Olympiques. Le pays veut se montrer moderne, stable, irréprochable aux yeux du monde.
Depuis l’été, le mouvement étudiant dérange. Il questionne l’autorité, il met en lumière la brutalité policière, il réclame ce que le régime en place refuse de concéder.
Pour le pouvoir, cette contestation doit cesser. Ce soir-là !
Peu à peu, sans que la foule ne le comprenne immédiatement, la place se referme. Des soldats prennent position autour des immeubles, sur les toits, dans les rues adjacentes.
Puis, soudain, des fusées éclairantes percent le ciel.
C’est le signal.
Des tirs retentissent. D’abord quelques-uns, puis une rafale, puis le chaos.
Les cris remplacent les slogans. Les gens courent, se cachent, tombent. Des hommes en civil, membres d’un groupe paramilitaire infiltré, tirent depuis les bâtiments. L’armée répond au feu… mais elle tire sur la place, sur la foule !
Étudiants, passants, habitants : personne n’est épargné.
La place devient un piège. Il n’y a nulle part où fuir. Les corps restent au sol. Des blessés sont emmenés de force. Des centaines de personnes sont arrêtées, battues, interrogées.
La nuit tombe sur Tlatelolco, lourde et silencieuse, tandis que les camions de l’armée emportent ce qu’il reste à cacher.
Le lendemain, le gouvernement parle d’un affrontement, d’un complot, d’une poignée de morts. La presse est muselée. Les chiffres officiels minimisent.
Mais la rumeur, les témoignages, les absences racontent une autre vérité : des dizaines, peut-être des centaines de morts.
Le nombre exact ne sera jamais reconnu. Pendant des années, le massacre est effacé du discours officiel. On demande d’oublier. On impose le silence. Pourtant, la mémoire résiste.
Aujourd’hui encore, quand on traverse la Plaza de las Tres Culturas, on marche sur un sol chargé d’histoires brisées.
Là où se dressaient les temples aztèques, là où une église coloniale a été construite, des jeunes ont été tués pour avoir voulu parler.
Ce lieu, censé unir les cultures, rappelle aussi ce que l’État peut faire quand il a peur de sa propre jeunesse...
Et le silence que beaucoup ressentent en y entrant n’est pas imaginaire. Il est la trace de ce qui n’a jamais été vraiment réparé.
Sur la map à côté, on voit la place, la zone archéologique et les emplacements des différents "camps" ce soir là :
🔺 triangles rouges = représentation étudiante
⭐ étoiles jaunes = franc-tireurs
🟢 symboles verts = infanterie / véhicules militaires
✴️ symboles verts clairs = bengalas (fusées éclairantes)
C'est vraiment... révoltant au plus haut point. L'armée pour des étudiants pacifiques. Je n'ai même pas les mots.
Nous reprenons la route pour la suite, et sur les côtés, j'aperçois des téléphériques entre les collines !
Ici, le téléphérique est devenu un moyen de transport du quotidien, pensé pour les habitants des zones les plus difficiles d’accès.
Depuis quelques années, la ville a développé deux grands réseaux : Mexicable (dans l’État de Mexico, au nord de la capitale) et Cablebús (dans la ville elle-même). Ces lignes survolent des quartiers populaires perchés sur les collines, là où les routes sont étroites, escarpées, parfois dangereuses, et où les transports classiques mettaient des heures. Pour beaucoup d’habitants, le téléphérique a changé la vie.
Un trajet qui prenait deux heures en bus, avec plusieurs correspondances, se fait désormais en vingt ou trente minutes. Les cabines passent au-dessus des maisons, silencieuses, régulières, offrant une vue immense sur la ville. Ce n’est pas un luxe : c’est une réponse concrète à l’inégalité urbaine.
Et justement, sous ces cabines, on voit apparaître ces collines couvertes de petites maisons colorées, serrées les unes contre les autres, comme si elles s’accrochaient à la montagne.
Ces quartiers sont souvent appelés colonias populares. Beaucoup se sont construits progressivement, parfois sans plan officiel, au fil des décennies.
Des familles venues des campagnes ou d’autres régions du Mexique se sont installées là où il restait de la place : sur les hauteurs, sur les pentes, aux marges de la ville.
Les maisons sont souvent petites, construites par étapes (un étage en plus quand on peut), faites de béton, de briques, de tôles au départ.
Quant aux couleurs, elles ne sont pas qu’esthétiques. Peindre sa maison en rose, en vert, en bleu vif, c’est affirmer son identité, se distinguer dans un paysage dense, apporter de la vie à un environnement parfois dur ^^"
Le téléphérique n’efface pas les inégalités, mais il relie. Il donne accès à l’école, au travail, aux soins, à la ville tout court.
Nous atteignons la fameuse (que je ne connaissais pas du tout soit dit en passant) Basilique de Guadalupe !
Admirez sa forme... absolument inesthétique au possible selon moi mais bon x)
La basilique que l’on voit aujourd’hui est moderne, circulaire, construite dans les années 1970. L’ancienne basilique, juste à côté, s’était affaissée à cause du sol instable de Mexico.
La nouvelle a été pensée pour accueillir des dizaines de milliers de fidèles à la fois !
À l’intérieur, l’image de la Vierge est placée très haut, au-dessus de l’autel. Les pèlerins passent en dessous, souvent sur des tapis roulants (oui, moi aussi j'ai halluciné hahaha), pour que chacun puisse la voir sans arrêter le flux.
Beaucoup prient en silence, d’autres pleurent, chantent, murmurent des promesses. Certains arrivent à genoux, après des kilomètres de marche. Car Guadalupe, ce n’est pas une visite touristique : c’est un pèlerinage vivant, permanent. Chaque jour, des gens viennent remercier, demander, confier leurs morts, leurs maladies, leurs espoirs.
Près de 20 millions de pèlerins se rendent tous les ans dans cette basilique, ce qui en fait le monument catholique le plus visité après la cité du Vatican.
C'est celle ci l'ancienne, qui montrait des signes de fatigue. Elle ne pouvait également plus accueillir le flot toujours grandissant de fidèles.
Parce qu’on y voit quelque chose de rare : une foi incarnée, populaire, imparfaite, bruyante parfois, mais profondément humaine.
Bon, ça ne coute littéralement rien, mais ça nous a tout de même bien fait rire. Sans parler de la taille des portes des toilettes, que jenny dépassait d'une demi tête XD C'est vrai que les gens sont plutôt petits ici ^^
En 1531, selon la tradition catholique, la Vierge Marie apparaît ici à un homme indigène, Juan Diego. Elle lui demande qu’on construise une église en ce lieu.
Lorsque la Vierge apparaît à Juan Diego, l’évêque de Mexico ne le croit pas.
Il demande une preuve.
Juan Diego est un homme indigène, pauvre, sans pouvoir : sa parole seule ne suffit pas face à l’Église coloniale.
La Vierge lui demande alors de monter au sommet de la colline du Tepeyac et d’y cueillir des fleurs. Le détail est essentiel : nous sommes en décembre, une saison où, à cet endroit précis, aucune fleur ne devrait pousser. Pourtant, Juan Diego y trouve des roses fraîches, éclatantes. Déjà, c’est un premier signe.
Il les rassemble dans sa tilma, son manteau de fibres d’agave, un vêtement simple, destiné à s’user vite. Ce manteau n’est pas fait pour durer, encore moins pour porter quelque chose de précieux.
Quand Juan Diego se présente devant l’évêque et ouvre son manteau, les fleurs tombent au sol… et c’est là que se produit l’événement central : sur le tissu apparaît soudainement l’image de la Vierge de Guadalupe.
Autrement dit, les fleurs n’étaient pas la preuve ultime. Elles étaient le véhicule du miracle. La vraie preuve, inattendue, irréfutable, est l’image elle-même.
Cette image - celle de la Vierge de Guadalupe - est aujourd’hui l’objet d’une dévotion immense ici.
Mais ce qui rend Guadalupe si unique, c’est aussi ce qu’elle représente symboliquement.
La Vierge de Guadalupe est métisse. Elle parle à un indigène. Elle apparaît sur un lieu sacré préhispanique.
Elle devient, très tôt, un symbole d’unité entre les cultures indigène et espagnole.
C'est tout pour cette fois (bon, c'est déjà pas mal !!) ^^
A bientôt pour la suite !














































































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