Après notre visite du musée, et notre pause sucrée pour recharger nos petites batteries, nous avons longé une super longue avenue remplie de grands alebrijes !
Lunie contente x)
Les alebrijes sont une des formes d’art populaire les plus fascinantes du Mexique !
Ce sont des créatures fantastiques très colorées, souvent composées d’un mélange d’animaux réels et imaginaires : un corps de jaguar avec des ailes d’aigle, des cornes de chèvre, une queue de serpent, etc.
Chaque alebrije est unique.
L’origine moderne des alebrijes vient d’un artisan nommé Pedro Linares López dans les années 1930.
Selon l’histoire célèbre, il aurait eu une grave maladie et, pendant une forte fièvre, il aurait rêvé d’un monde étrange rempli de créatures impossibles criant le mot “alebrijes”.
En se réveillant, il a commencé à les fabriquer en papier mâché (cartonería).
Plus tard, des artisans de l’état d’Oaxaca ont repris l’idée mais en sculptant les créatures dans le bois de copal.
Ce sont souvent ceux-là qu’on voit aujourd’hui dans les boutiques d’art mexicain : très fins, peints à la main avec des motifs minuscules incroyablement précis. J'en ai posté pas mal dans mes articles où on faisait du shopping car je les adore !
Les alebrijes mélangent énormément d’influences mexicaines : l’art indigène mésoaméricain, les animaux spirituels et symboliques, l’imaginaire populaire, le surréalisme, la fête et la couleur typiques du Mexique.
Ils sont devenus un symbole de créativité mexicaine moderne.
Beaucoup de gens les associent aussi au lien entre le monde des vivants et celui des esprits, surtout autour du Día de los Muertos ! Comme dans Coco ! Tu l'as vu ?
Dans le film Coco, les alebrijes sont représentés comme des guides spirituels entre le monde des vivants et celui des morts. Le film a énormément contribué à les faire connaître dans le monde entier, je pense que c'est grâce à lui que j'ai connu.
Le plus célèbre du film est probablement Pepita : corps de félin, ailes d’aigle, couleurs néon incroyables, elle m'impressionne =P
Il y a aussi Dante, le chien xoloitzcuintle de Miguel.
Au début il paraît maladroit et un peu ridicule, mais dans le monde des morts il révèle une forme d’alebrije flamboyante et magique.
C’est un détail très intéressant parce que le xoloitzcuintle était déjà considéré dans les croyances préhispaniques comme un animal capable d’accompagner les âmes dans l’au-delà.
Le film prend quand même une liberté culturelle importante : traditionnellement, les alebrijes ne faisaient pas partie du Día de los Muertos ancien. Les créatures ont été inventées au XXe siècle, bien après les civilisations aztèques ou mayas x)
Ce qui marque beaucoup de gens dans Coco, c’est que les alebrijes ne sont pas juste “mignons” ou décoratifs : ils ont une présence presque sacrée. Ils protègent, guident, surveillent, intimidant parfois les personnages comme des gardiens mythologiques.
D’ailleurs, les motifs peints sur Pepita et Dante reprennent directement les styles artisanaux d’Oaxaca : points, lignes géométriques, couleurs saturées, détails minuscules faits normalement à la main sur le bois sculpté.
Quelques photos du lendemain, où nous sommes parties en excursion !
Ici, le mur peint d'un chouette resto (qu'on testera avec Cécile le soir du 31).
Avant toute chose, on avait une courte pause pour visiter les environs, mais autant dire qu'en 10 min, on ne peut pas voir grand chose. Donc j'ai choisi l'option "trouver de la nourriture" avant tout x)
Ensuite on arrive enfin à la visite de la fameuse église Santa María Tonantzintla !
Elle est souvent considérée comme l’un des chefs-d’œuvre les plus incroyables du "baroque indigène" mexicain. Et honnêtement, l’extérieur paraît relativement sobre… puis l’intérieur explose littéralement de couleurs, de sculptures et de détails partout !
Ce qui la rend exceptionnelle, c’est le mélange entre l’art catholique baroque apporté par les Espagnols, et l’imaginaire visuel des artisans autochtones nahuas.
Le résultat est très différent des églises européennes classiques.
Comme on a pas le droit de prendre des photos, je peux décrire ce qu'on y voit : des anges à la peau brune, des fruits tropicaux, des épis de maïs, des fleurs, des motifs inspirés du monde préhispanique, des visages et ornements qui recouvrent chaque centimètre du plafond et des murs.
C'est clairement un intérieur qui ressemble davantage à une vision mystique ou à un rêve qu’à une simple décoration religieuse. C'est encore une fois, fascinant et inspirant !
Un tremblement de terre a fait tomber le haut du clocher, et il est resté là :
A bientôt pour la suiiiiiite











































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